Résumé
S’exprimant dans les années 1930, Raymond Aron constate un tournant au coeur de l’histoire européenne : « Une révolution se définit comme une libération. Or, les révolutions du XXe siècle semblent, sinon des révolutions d’asservissement, du moins des révolutions d’autorité. » Les nouvelles révolutions de droite, fascisme et nazisme en tête, se veulent en effet une revanche sur le siècle des Lumières, la Révolution française et la démocratie libérale. Si elles partagent avec les révolutions de gauche le projet de création d’un « homme nouveau » et l’inauguration d’une « ère nouvelle », elles se singularisent par de nombreux traits : croyance dans les mythes qu’elles forgent pourtant de toutes pièces, perception de l’histoire comme une conspiration à conjurer, primauté du biologique sur le social, idéal d’un corps national-racial organique, culte de la puissance, élévation d’un Guide en source et horizon de toute légitimité. C’est ce que démontre Hamit Bozarslan dans cet essai novateur retraçant une histoire dont les échos avec le monde contemporain sont troublants. Car si nous ne sommes pas dans les années 1920-1930 surdéterminées par les conséquences d’une guerre mondiale, force est de constater qu’en Europe comme au-delà du Vieux Continent, le monde fait à l’évidence face à une crise des aspirations égalitaires et libérales de la démocratie.
Docteur en histoire et en sciences politiques, Hamit Bozarslan est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Il est l’auteur, notamment, de L’Anti-Démocratie au XXIe siècle, Crise, violence, dé-civilisation. Essai sur les angles morts de la cité et, avec Gaëlle Demelemestre, Qu’est-ce qu’une révolution ? États-Unis, France, Monde arabe.
Détails produit : broché, grand format, 9791040403142, disponible sous 5 jours.



