Résumé
En 1905, alors que l’Empire russe était ébranlé par une première révolution avortée et que la défiance du peuple envers le tsar Nicolas II se renforçait de jour en jour, un moujik sibérien quasi illettré nommé Grigori Raspoutine s’installa à Petrograd et bouleversa l’ordre établi. Décrit par les uns comme un être machiavélique et dépravé, et par d’autres, en particulier le couple impérial, comme un guérisseur aux pouvoirs extraordinaires et un conseiller visionnaire et désintéressé, Raspoutine étendit son influence sur la vie de la cour, et donc sur la politique nationale et étrangère de l’Empire.
Les fausses rumeurs selon lesquelles il couchait avec l’impératrice, et même avec ses filles, firent au tsar une réputation de cocu pathétique aux yeux d’un peuple et d’une noblesse aux penchants très patriarcaux, et c’est ce qui explique le peu de soutien que Nicolas II trouva auprès des régiments de la Garde impériale quand éclata la révolution populaire de février 1917. Cette révolution, qui précéda le coup d’État bolchevique d’octobre, fut en partie le fruit de l’emprise de Raspoutine sur le tsar, car Raspoutine se mêla de politique ferroviaire, avec pour résultat un désordre tel que Petrograd ne put être approvisionné convenablement en denrées alimentaires pendant l’hiver 1916-1917, ce qui déclencha les émeutes. Alexandre Kerensky, le chef du Gouvernement provisoire en 1917, affirma plus tard que « sans Raspoutine, il n’y aurait pas eu Lénine ».
Plus que la chronique d’une fin de règne, c’est celle de la fin d’un monde que nous propose Antony Beevor, une fin provoquée, paradoxalement, en grande partie par un homme seul, qui n’occupait aucune fonction officielle, ne contrôlait aucune organisation et ne bénéficiait d’aucun soutien populaire. Et malgré cela, Raspoutine est sans doute, avec Lénine, l’homme qui a le plus pesé sur le cours de l’histoire du XXe siècle.
Sir Antony Beevor a commencé sa carrière comme officier au sein de l’armée britannique. Il est désormais considéré comme l’un des plus éminents historiens des conflits du XXe siècle, et on compte parmi ses ouvrages majeurs La Guerre d’Espagne (2006), Ardennes 1944 (2015) et Russie : Révolution et guerre civile (1917-1921) (2022). Tous ses livres ont paru chez Calmann-Lévy. Couronnées par de nombreux prix littéraires, les oeuvres d’Antony Beevor ont été traduites en trente-sept langues et se sont vendues à plus de neuf millions d’exemplaires.
Guillaume Marlière traduit depuis plus de vingt ans des ouvrages anglophones de fiction (Pat Conroy, George Saunders) et des documents, avec une prédilection pour l’histoire et les sciences politiques (Tony Blair, Ted Kennedy ou Francis Fukuyama).
Détails produit : broché, grand format, 9782702193280, disponible sous 48h.



